L’avantage de la paresse

Tu vois, si tu remet des tas de trucs au lendemain ce n’est certainement pas parce que nous tu ne sais pas ce qu’il faut faire maintenant. Les trois quarts du temps, il s’agit de s’attaquer violemment a la tâche jusqu’à la terminer. BOUM. Dans l’idéal, c’est comme ça que cela ce passe… En pratique, ça tergiverse, ça se regarde, ça perds dans des combats mentaux que remportent l’oisiveté. Seule l’urgence pousse à l’action avec violence.
NCe qui se passe c’est que notre cerveau est sous l’emprise de deux fonctions que l’on peut caricaturer comme suit.
D’un côté mesdames et messieurs, l’instance de la paresse, dirigée par l’esprit gras de la fainéantise. Un génie boulimique au fabuleux pouvoir de rendre le sucré si attractif quand tu es précisément au milieu de ton régime. L’activité physique le rebute, l’effort mental le décourage, et il le fait savoir. Cette instance mentale, sera toujours d’avis de tirer un maximum de plaisir immédiatement et de repousser par la même occasion l’inconfort du travail.

Sa méthode ? Elle passe sous silence les conséquences de l’inactivité et des dérapages impulsifs. Ces arguments ? « A quoi bon se donner du mal maintenant, alors qu’on peut faire plus tard, et qu’on peut justement, profiter maintenant». « Et puis, on est pas bien en forme là, ce sera mieux – et j’en suis sur – de commencer un autre jour, demain par exemple. », « regardons cet épisode de Breaking Bad avant de commencer. Oh zut il est trop tard », ou l’ironique : « Je suis bien motivé pour commencer ce travail dès demain ! ».
L’instance de la paresse sait faire des « exceptions » et ne s’en prive pas : exceptionnellement, je loupe mon cours de théâtre ; ce matin seulement, je fais la grasse mat au lieu d’avancer ce projet… Il tue l’effort pour nourrir la tentation et les plaisirs simples.
En face, un groupe de boursiers Investitor se fait avocat des bénéfices futurs. Rigides, ils réprimandent tes plaisirs faciles pour obtenir un plus gros pactole dans le futur.
Le matin ils hurlent de se lever maintenant plutôt que dans 10 minutes. Le soir il hurle de se coucher maintenant plutôt que dans 10 minutes. Ils affirment qu’on a le temps d’avancer sur telle ou telle tache et qu’on est suffisamment en forme pour aller à la piscine, comme on l’avait annoncé hier. Le côté strict, donneur de leçon, peuvent leur donner mauvaise réputation mais au fond on sait qu’ils ont souvent raison. « Il faut que je fasse ceci, je stresserai moins une fois que ce sera fait », « Le meilleur moment c’est maintenant alors faut se jeter à l’eau ». D’ailleurs, ils se font narquois avec des « tu le savais pourtant ! » lorsque l’on s’y est pris trop tard pour un maudit rapport. Investitor voit sur le long terme, mesdames et sieurs, sur le marché de votre vie ils veulent se payer les actions qui leurs sont profitables.
La paresse et Investitor sont des représentations de traits psychologiques qui nous sont assez familiers. Ces deux personnages, qui cohabitent dans nos neurones, sont bien entendu des caricatures de fonctions du cerveau qui ont évolués par sélection naturelle.
Eh oui, dans l’histoire évolutive de l’Homo sapiens que l’on connais aujourd’hui, un avantage était porté par les aux individus ayant un mélange de paresse et de proactivité. Le mélange de ces deux traits psychologiques dans certaines proportions chez nos ancêtres, aurait donné un comportement optimal, expliquant l’expansion de ces traits de caractères aux générations suivantes.
On peu facilement imaginer que les gènes qui poussent à être actif confèrent un avantage à leur porteur : la capacité à prendre sur soi, à travailler plus que les autres et à obtenir un meilleur rendement… autant de caractères adaptatifs très pratiques ! Celui qui passe plus de temps à labourer son champs récoltera plus, s’enrichira en ressources, en succès social et son succès décolle de la moyenne. Bravo à lui.
Mais un avantage à la paresse !? Dans le passé, les économies d’énergie étaient un avantage bien plus précieux qu’aujourd’hui, la nourriture et autres ressources étant vraiment limitantes… Par rapport à celui qui s’agite au mauvais moment, un fainéant économise son énergie, évite les travaux pénibles (qu’un autre membre de la communauté peut faire a sa place), graille sur les aliments riches, dort beaucoup quand le climat est difficile, le fainéant a d’avantage de réserves… de véritables atouts dans un environnement limité en ressources. Remarques par exemple le style de vie des mammifères carnivores où omnivores (félins, ours…) : ils ne s’agitent jamais plus que nécessaires.
Ni notre côté proactif ni notre côté flemmard ne sont là par hasard. L’évolution a poussé l’apparition d’une bonne dose de paresse et de fuite de l’effort. C’est toujours un trait qui augmente le succès de leur porteur, en particulier quand les ressources se raréfient. Regardez donc Koh-Lanta 😉
Le fait est que dans nos sociétés modernes, nous avons tout ce qu’il nous faut, vraiment il ne suffit que de profiter et de faire le minimum syndical et l’on survivra. Aucun souci avec cela, vraiment, mais dans l’intérèt de badass magazine et de votre motivation, soyez conscients que votre coté flemmard est exacerbé par la multitude de distractions et de confort qui sont dans votre environnement immmédiat.
BILAN : La difficulté a nous mettre au travail nous viens d’une fonction cérébrale qui évite les dépenses d’énergies en sécrétant des hormones « anti-action ». Dans bien des cas, nous sommes tiraillés entre un raisonnement « rationnel » qui nous incite à agir, et une pulsion de flemme. Pour mieux contrôler notre comportement, il faut mieux contrôler cette fonction d’économie.

Qu’allez vous faire après lire cet article ? Trainer sur internet ou avancer sur vos projets ?

Dans tout les cas inscrits toi en haut à gauche, et à bientôt

Rogntidju

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