Sur la voie de la méthode.

La voie du combat est la voie qu’a suivi Musashi et d’autre héros dont je ne connais pas le nom. Dans la voie du guerrier je ressent la vitesse et je ressent la masse. Je ressent l’agressivité (sentiment nouveau) et l’envie d’arracher, de pousser avec toute la vitalité que ma bonne santé m’accorde. Immanquablement je ressent aussi la brulure de l’épuisement, les attentes d’air et de sang, et réalise quelquefois la distance qui sépare la survie de la catastrophe. A force d’heures sur des tapis trempés de sueurs, la peur n’a plus sa place et disparais complêtement devant la conscience que confère la méthode. Reste la soif de mouvement, de pression, d’avidité d’en découdre. Il se découvre peu à peu un sens nouveau; la synesthésie du combat.

La voie de la compréhension est tout à fait autre. Elle n’en demande pas moins de courage et d’obstination. Mais sa pratique est incomparable. Il s’agit de jeter une lumière mentale puissante sur une page de sciences et de la lire autant de fois qu’il ne le faille pour en imprimer les idées dans la bibliothèque intérieure. Dans l’approche que je lui impose, la voie de la compréhension prend la forme d’une avancée lente dans la largeur de livres énormes barrés de gribouillis mathématiques, et s’accompagne du noircissement de grandes pages de cahiers de brouillon que j’arrache par grappes et stocke dans des classeurs colorés. L’objectif de cette voie est de comprendre l’univers parce que, en y regardant bien, il se peut que ce soit la chose qui compte le plus pour moi. Le sentiment qui gouverne cette voie: la curiosité, dont la satisfaction s’est transformée en une activité inconditionnelle et organisée. Le savoir se limite, à lui seul, à une première approche de la compréhension. Les exercices théoriques approfondissent ce savoir pour développer la méthode. La voie de la compréhension sera complète si l’on y ajoute des expériences dans le réel, afin que mes sens palpent le réel et testent ce que mes lectures affirment, comme ils ont l’habitude de le faire pour comprendre la structure des choses. C’est ainsi je crois, qu’une interprétation concrète de la nature se forme, et que son anticipation devient possible. Cette voie est aussi celle de l’exactitude de la pensée et du langage, deux dimensions auxquelles j’accorde une très grande valeur.

La voie de la création est la seule qui puisse se répandre et marquer le monde. Dans le passé j’ai été dans cette voie à quelques occasions, au travers de formes artistiques (dessin, guitare, écriture romancée), puis dans l’écriture de textes informatifs comme, entre autres, mon texte sur la procrastination et la publication scientifique (qui fût mon plus gros travail se concluant en un produit matériel). C’est suite à ces deux derniers travaux que j’ai conclus que les créations qui, selon mes critères, valent le temps et la peine qu’on leur alloue forment des productions qui mettent des heures et des heures et des heures et des heures à être finalisées. Leur qualité ne peut être bonne qu’à condition d’accorder a chaqu’un de leur détails une attention minutieuse. Je ne sait pas du tout ce que sera la prochaine construction que j’entreprenderai dans cette voie, mais la pensée me taquine par moments, sans prendre de forme discernable.

Ces trois voies entrent très bien dans l’idée que je me fait d’un “moi idéal”. Il ne s’agit pas tant d’atteindre l’expertise dans l’une ou dans l’autre d’ici les années à venir. Mais je vise l’excellence dans les trois, et un jour peut être, je m’apercevrai peut être de leur maîtrise a bon niveau. Cet objectif n’est pourtant pas celui sur lequel je lorgne au jour le jour. Comme toujours dans les grandes idées, on avance avec des oeillères, avec les problèmes et les solutions de la journée. Il s’agit finalement d’utiliser sciemment mon action pour qu’elle servent ces trois axes principaux et de ne pas glander outre mesure. Je n’ai pas écris à propos de la nécessité d’ajouter de vivre plein expériences inédites et fortes qui doivent absolument marquer une vie, mais je t’assure d’être convaincu que l’exposition à l’imprévisible, à “l’aventure” est de première importance.

 

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